valigia

Extraits

November 2nd, 2008

 

Extraits du texte Qu’ai je fait de toi ?

Garde 2 « Nous sommes le jour avant le jour qui précède le surlendemain ou pour mieux dire nous sommes le jour qui suit le jour qui suit l’avant-veille. Demain il fera trop chaud pour les pingouins. »

Garde 1 « Voilà qui ne pourrait être plus précis cher collègue. »

Garde 2 « C’est indéniable. »

Garde 1 « Revenons à la procédure : objet de la quête ? »

Garde 2 «  Un souvenir. »

Garde 1 « Qu’avons nous à ce propos ? »

JH « Souvenir lointain … »

[...]

Le même  parc [le même endroit mais sans toi], JF allongée dans l’herbe, yeux dans le flou du ciel - ou l’inverse - se met à tomber une petite pluie fine. La petite fille saute dans les flaques d’eau.

[...]

L’eau pâle de nos désirs

En cet hiver caniculaire

Charrie avec peine le sel de nos tourments

Extraits de textes poétiques, théoriques ou romans ayant nourri notre recherche

Les images veulent tout dire au début. Sont solides. Spacieuses.

Mais les rêves font des caillots, deviennent forme et désillusions.

Heiner Muller

 

« Les images choisies par le souvenir sont aussi arbitraires, aussi étroites, aussi insaisissables, que celles que l’imagination avait formées et la réalité détruites. »          Marcel PROUST

 

(…) Le silence est ma voix, mon ombre, ma clef…

Signe sans m’épuiser, qui puise en moi.

Il s’étend, il s’étale, il me boit, il me consomme.

Ma grande sangsue se couche en moi.

Henri MICHAUX,  Passages 

« La joie d’exprimer est si exubérante que, finalement c’est l’expression vocale qui marque le paysage de ses « touches » dominantes. La voix projette des visions. (…) Le son, le son natif, le son naturel -c’est-à-dire la voix - place les choses à leur rang. La vocalisation commande la peinture des vrais poètes. »

G.BACHELARD (L’eau et les rêves)

 

Mon corps, fait de « la même chair que le monde », est traversé par cette distorsion du dehors et du dedans, installée au cœur du sensible et dont le chiasme suscite leur engendrement mutuel et simultanément l’apparition du sens, la possibilité de la parole et de la pensée.

L’expressivité du corps - Recherche sur les fondements de la théâtralité Michel BERNARD

« Puis je reviens sur mes pas, mes pas reviennent aussi mais je ne sais pas exactement sur quoi ils reviennent. Je consulte un horaire ; les noms des villes ont été remplacés par des noms de personnes qui m’ont touché d’assez près. Irai-je à A, retournerai je à B, changerai je à X ?  »  [... ]                        « Le nombre de portes à la dérobée en nous-mêmes nous entretient dans les plus favorables dispositions [...] » André BRETON – Poisson soluble

Extraits de notes de mise en scène pour la recherche sur le plateau (séquence 1)

L’Etat de solitude -

 Il faut trouver un état initial des corps :

« 

Je rentre dans le cercle

au rayon de mon allonge

périmètre de ma peau

profondeur de mon esprit

bulle hermétique au Monde

ou c’est le contraire

Cercle de Solitude

 »

 La Petite fille fait-elle partie du cercle ? Danse t-elle effrontément sur ses limites ?

 Il faut trouver un état initial des corps :

Qu’est ce qui les sépare ?

Comment aller vers l’Autre ?

Comment aller vers soi ? En soi ?

Ne donner que des réponses brutes, imparfaites, qui disent leur imperfection.

 « Les horizons intérieurs »

 Le corps comme « chemin de métamorphoses » : et justement quels chemins ? quelles traversées des corps ?

 Rêve de son corps - du corps de l’Autre

 La voix

comme construction d’un espace et d’un espace corps

comme prolongation du corps par delà l’espace et le temps

comme tentative d’abolition du clivage intériorité-extériorité

 Travailler sur « une forme de l’absence »

 On joue le souvenir : le sublimé, le mensonger, recomposé, le fragmenté…

On joue l’oubli

 [...] Pauline JUPIN